lundi 19 mai 2008

'Til The End


Assise sur mon matelas, le dos appuyé contre deux oreillers, un bloc de feuilles sur les jambes et la main armée de mon fidèle et traditionnel porte-mine, ce n'est pas l'envie ce soir qui me pousse à écrire. Je n'ai envie de rien, comme c'est devenu une habitude ces jours-ci. Envie de ne rien faire, envie de ne rien voir, de ne rien entendre, de ne rien dire. Seul est présent l'attrait du sommeil, cet état de léthargie que rien ne peut égaler : dormir, ne penser à rien, ne se souvenir de rien, juste laisser les secondes, les heures, les jours s'écouler et tout oublier.
Ce serait tellement plus facile...

Non, je n'ai pas envie d'écrire. Et pourtant j'écris. Je sais que j'en ai besoin, besoin de me délester de ce poids accumulé et de me réfugier dans ma bulle, besoin de me confier sans peur d'être jugée et essayer de me sentir mieux. Quand, dans dix minutes, une demi-heure, une heure, mon crayon aura retrouvé sa place sur le bureau, quand mes yeux auront parcouru les lignes composées et les auront approuvées, je sais que cela ira déjà un peu mieux, que cela m'aura aidée, comme m'aident les deux gélules qui attendent à côté de la bouteille d'eau.
J'en ai besoin.

La semaine écoulée m'a laissée plus éreintée que je ne l'étais à son commencement. J'étouffe un peu plus chaque jour sous ce masque que je m'oblige à porter pour garder un peu de dignité. C'est la règle en société. Vivre chaque jour est devenu ma plus grande peine, mon châtiment pour avoir trop cru, trop espéré. C'est devenu mon calvaire. Et les rayons de soleil qui éclairent mon paysage de temps en temps, bien que puissants, ne parviennent pas à garder éloignés les sombres nuages qui peuplent mon ciel. C'est mon histoire, bouleversée par les événements, que je vois s'écailler sous mes pieds à chaque pas que je parviens péniblement à effectuer. C'est mon avenir qui, jour après jour, devient de plus en plus brouillé.

Et pourtant il faut continuer d'avancer, comme on nous l'a toujours dit, comme on l'a toujours fait. Seules, peut-être, les raisons ont changé. Il en est fini de l'espoir, de la confiance en demain et de l'espérance d'une vie meilleure. J'ai appris qu'il n'était pas bon d'avoir confiance en autrui, on ne m'y reprendra plus. J'avance, certes, mais plus forte et plus blessée de cet apprentissage, plus faible et désarmée de toujours résister. Je me traîne, je poursuis ma route, laissant derrière moi mes bourreaux et les larmes qu'ils m'ont arrachées. Affrontant de face cette nouvelle épreuve, je poursuis mon chemin dans l'attente d'un nouveau coup, d'une nouvelle claque.
Jusqu'à la fin...

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