
Suspendue entre ciel et terre, entre amour et haine, attirance et répulsion, quand les murs qui m'entourent se mettent à tourner, m'entraînant dans leur danse folle, je prends conscience de l'état d'égarement dans lequel je suis. Ce sont tous mes repères qui s'en sont allés en même temps que se désagrégeait le rêve qui m'avait portée. Un rêve, rien de plus, rien de moins. Un rêve embelli dont j'avais fini par laisser volontairement dans l'ombre les éléments discordants. Un rêve, cela se doit d'être beau. Le mien ne pouvait manquer à la règle, même s'il fallait pour cela que je le modelasse de mes propres mains et que je le porte à la force de mes seuls bras.
Aujourd'hui, c'est l'âme plus perdue encore qu'avant qu'assise sur le rebord de la fenêtre, les pieds dans le vide, je contemple l'horizon. Le sentiment de liberté qui m'envahit est à la fois déconcertant et régénérant après ces jours passés dans l'impuissance. Car malgré ma volonté et le désir, le besoin qui me rongent, le déroulement du jeu n'est plus maintenant de mon ressort. Les cartes ne sont plus entre mes mains, j'ai perdu la partie. Le coeur s'oppose à la raison qui scande à qui veut l'entendre que les choses sont mieux ainsi, il hurle, il se débat. En vain...
Acculée au mur, sans issue de secours, je ne sais plus que penser. Ces mots prononcés à travers les larmes et auquels j'avais cru me semblent par trop insipides à présent. Il y était question d'aide. Je n'y vois qu'une pierre attachée à mon cou qui me tire inexorablement vers le bas, volontairement ou pas. Pourtant, cette pierre, je la veux. Je veux la porter, la traîner derrière moi jusqu'à ce qu'elle me brise. Car elle est tout ce qu'il me reste. Elle est ce qui me rattache au sol et qui me tue à la fois, ce qui me fait rire et pleurer, ce qui me fait haïr et pardonner, aimer et détester. Elle est mon coeur et mon âme, fusionnés en un seul et même fardeau. Elle est ce qui perdure quand tout le reste est à l'eau.
Le vent se lève et souffle jusqu'à moi les feuilles mortes du saule qui m'enserrent et tourbillonnent. Les nuages crèvent et déversent leurs eaux sur moi, comme pour laver sur mes joues les traces de ma propre pluie. Les éléments se déchaînent, faisant écho à la tempête qui se livre en mes pensées. Je reste là, sous la pluie, les gouttes ruisselant sur mon visage et mes cheveux.Je reste là à écouter le vent qui hurle dans les arbres. Je reste là, simplement, et je comprends.
Comme la pluie, comme le vent, un jour, ça passera.
Tout n'est qu'une histoire de temps...
Picture by Will
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