mercredi 29 avril 2009

Lost in between

J'ai souhaité que le temps s'arrête. Les aiguilles, signes tangibles de notre condition mortelle, ralentiraient imperceptiblement jusqu'à ne plus repartir, comme empêchées de tout mouvement par quelque lutin bien intentionné. Le vent cesserait de souffler, les oiseaux se figeraient en plein vol, tous les bruits se tairaient pour quelques secondes, quelques heures, quelques jours.
Seule, au milieu de cette scène digne des dramatisations les plus pittoresques,
je conserverais bien évidemment toutes mes facultés, juste pour souffler un moment et me débarrasser de cette fatigue accumulée, tant physique que psychique.

Les coups encaissés tout en s'efforçant de rester impassible, du moins en apparence, m'ont laissée sur les rotules.
Il est une chose de vouloir ne se soucier de rien, il en est une autre d'y parvenir. Chaque nouvelle confrontation me mine un peu plus à chaque fois, elle m'affaiblit, me faisant passer petit à petit du statut d'être humain à celui d'ombre, tout juste vivante sans être vraiment présente.
Il est temps pour moi d'opter pour ce dont j'ai besoin et non pour ce que je désire, quand bien même cela reviendrait à changer un point fondamental de ma personnalité.
Ma paix intérieure est à ce prix.

L'idée s'impose peu à peu à mon esprit, elle lutte contre les opposants qui, conservateurs, ne voient pas de raison de changer. La balance oscille, tantôt sur la gauche, tantôt sur la droite et, jour après jour, mon comportement me semble de moins en moins conséquent. Si j'ai besoin de temps pour faire ce que je veux,
j'en ai surtout besoin pour savoir ce que je veux. Encore et toujours. Problème récurrent en somme. Sans doute.
Plus j'avance, plus l'existence me semble cyclique, m'apparaissant comme une manière de mettre en application les leçons tirées des fiascos précédents. Cette fois, je m'en rends compte. Cette fois, j'en ai conscience.
Reste à faire le bon choix.

Mais contrairement à mes souhaits,
le temps ne s'arrête pas. Nul lutin ne vient au secours de mes états d'âme ni ne me permet un instant de répit. Aussi, sempiternellement, je poursuis ma route, laissant de côté mes réflexions et mes prises de conscience momentanées avec, au fond de moi, l'espoir secret qu'un jour, enfin, je comprendrai.

Picture by Gaëtan Chekaiban