Froid. Je ne ressens plus que le froid. Ce froid mordant qui m'enserre et me fait me renfermer, me recroqueviller sur moi-même. J'ai si froid. Se coucher sur le flanc, ramener ses jambes contre soi, ne pas faire attention à la dureté du sol en dessous de moi, à cette pierre saillante contre laquelle j'écrase mon genou. Ne pas faire attention, juste se recroqueviller, laisser le moins d'emprise possible au vent. Vent? Quel vent? Les bâches autour de moi me protègent du vent. Je l'entends siffler quand il passe entre les cloisons, je le sens taper, buter contre mon refuge. Il n'y a pas de vent. Ce n'est que le souffle de l'angoisse. Ils m'entourent. Le froid, l'angoisse. Ils sont autour de moi. Non. Ils sont en moi.
J'ouvre les yeux. Il fait si sombre. Attendre un peu, juste le temps de s'habituer à l'obscurité. Rien. Il n'y a rien. Je suis seule. Je le savais. C'est seule que je suis arrivée ici. J'étais déjà seule à parcourir cette longue étendue de terre jusqu'à mon refuge. Oui, c'est ça. Je les avais laissés sur le banc, au bord de l'eau. Non. Là aussi j'étais seule. J'étais seule quand nous marchions sur le pont, seule quand nous errions le long des quais. J'étais déjà seule. J'étais toujours seule. Seulement hantée par le froid, l'angoisse et le doute au fond de moi.
Seul. Je répète ce mot, je le murmure à l'obscurité qui m'entoure, tout bas, comme pour ne pas réveiller le vide. Le vide, mais quel vide? Je tends la main et touche ma joue, mon nez, ma bouche. Je touche la toile tendue au-dessus de moi, celle à ma gauche, celle à ma droite. Je touche ce pull trop grand pour moi et impuissant à me protéger du froid. Mon pull... Où est mon pull? Là-bas, sur le banc, au bord de l'eau. Il est là-bas. Il est avec eux. Avec eux qui... Qui font quoi? Non, ne pas penser à ça. Arrivera ce qui arrivera. Je serre mes bras plus fort encore autour de moi, comme pour m'enlacer, me protéger. Un crayon! Je veux un crayon! Mais seul le "bip" imperceptible des touches peut tenter de m'aider. Tiens, lui aussi il est seul. Non, il se mêle aux battements du tambour au loin. Il me berce.
Je referme les yeux, pose ma tête sur la pierre froide. Tout est si vague. Je ne sais plus rien. Les bruits du tambour s'espacent au loin, si proches et pourtant si distants. J'ai froid, je ne sais plus que ça. Froid. Vide. Seul. Je répète ces mots comme pour les exorciser, je les souffle doucement. Froid. Vide. Seul. Je les murmure, encore et encore jusqu'à en oublier le sens. Froid. Vide. Seul. Et ces battements de tambour qui s'éloignent encore. Froid. Vide. Seul. Je sens le vide autour de moi, je sens le vide en moi. Froid. Vide. Seul.
Tout est si vague.
J'ouvre les yeux. Il fait si sombre. Attendre un peu, juste le temps de s'habituer à l'obscurité. Rien. Il n'y a rien. Je suis seule. Je le savais. C'est seule que je suis arrivée ici. J'étais déjà seule à parcourir cette longue étendue de terre jusqu'à mon refuge. Oui, c'est ça. Je les avais laissés sur le banc, au bord de l'eau. Non. Là aussi j'étais seule. J'étais seule quand nous marchions sur le pont, seule quand nous errions le long des quais. J'étais déjà seule. J'étais toujours seule. Seulement hantée par le froid, l'angoisse et le doute au fond de moi.
Seul. Je répète ce mot, je le murmure à l'obscurité qui m'entoure, tout bas, comme pour ne pas réveiller le vide. Le vide, mais quel vide? Je tends la main et touche ma joue, mon nez, ma bouche. Je touche la toile tendue au-dessus de moi, celle à ma gauche, celle à ma droite. Je touche ce pull trop grand pour moi et impuissant à me protéger du froid. Mon pull... Où est mon pull? Là-bas, sur le banc, au bord de l'eau. Il est là-bas. Il est avec eux. Avec eux qui... Qui font quoi? Non, ne pas penser à ça. Arrivera ce qui arrivera. Je serre mes bras plus fort encore autour de moi, comme pour m'enlacer, me protéger. Un crayon! Je veux un crayon! Mais seul le "bip" imperceptible des touches peut tenter de m'aider. Tiens, lui aussi il est seul. Non, il se mêle aux battements du tambour au loin. Il me berce.
Je referme les yeux, pose ma tête sur la pierre froide. Tout est si vague. Je ne sais plus rien. Les bruits du tambour s'espacent au loin, si proches et pourtant si distants. J'ai froid, je ne sais plus que ça. Froid. Vide. Seul. Je répète ces mots comme pour les exorciser, je les souffle doucement. Froid. Vide. Seul. Je les murmure, encore et encore jusqu'à en oublier le sens. Froid. Vide. Seul. Et ces battements de tambour qui s'éloignent encore. Froid. Vide. Seul. Je sens le vide autour de moi, je sens le vide en moi. Froid. Vide. Seul.
Tout est si vague.
Picture by Will
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